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Internet actuel

Publié : 01 Avr 2021, 10:47
par JPMoulin
Cher Ecolami.

Je pensais a peu près tout ce que tu penses jusqu'a la fin de l’année 2020, puis à la suite de topos sur internet, la sécurité, la souveraineté numérique des états face aux grands groupes prives, j’ai pu constater que la situation a évolué de façon considerable depuis a peu près 5 ans

"l'age du capitalisme de surveillance" de Shoshana Zuboff fait le tour de la question.
Shoshaha Zuboff est professeur a Hardward, c'est un travail universitaire 700 pages, avec plus de 100 pages de references.
Il ya eu une emission sur la chaine Public Sénat consacrée a elle, de nombreuses video Youtube que je ne conseille pas car on ne peut resumer ce livre qui est exhaustif en 30 minutes.

La dernière page de la couverture donne une idee:

Les géants du web ne cherchent plus seulement a capter toutes nos données , mais a orienter, modifier et conditionner tous nos comportements: notre vie sociale, nos emotions, nos pensées les plus intimes... jusqu'a notre bulletin de vote. En un mot decider a notre place.

Des premiers pas de Google au scandale de Cambridge Analityca, Shoshana Zuboff analyse cette monstrueuse mutation du capitalisme, ou la souveraineté du peuple est renversée non pas au profit d'un état autoritaire , comme on pourrait le craindre, mais d'une nouvelle industrie opaque avide et toute puissante menacant dans une indifference radicale notre libre arbitre et notre démocratie.

je croyais comme tout le monde qu' ils siphonnaient nos données personnelles mais ils collectent et analysent aussi nos comportemnents, nos inter relations avec les autres, jusqu'aux emotions que reflètent les photos que les usagers de facebook mettent en ligne pour donner un exemple.

J'ai pu apprendre que les pokemon étaient en fait une experimentation pour étudier comment on peut conditionner les gens.

Il est important de prendre en consideration qu’en moyenne un Francais consacre deux heure par jour a son smartphone.

Tres interessant est de décortiquer ce qui s'est passe quand Alexander Nix pdg de Cambridge analytica influence les electeurs lors du brexit et lors de l'election de trump. Pour cette dernière election, ce qui fut nouveau c'est l'utilisation des smartphones car il fut juge que les gens sont en etat de moindre defense quand ils sont sollicites au cours de la vie courante.

Derriere les démêlée de tik tok avec les USA, il y a en fait qu'un état ici la Chine peut par une societe permet de faire de la collecte sur des jeunes ce qui permettra des idees de leur comportements et de pouvoir faire des predictions. On peut voir cela comme un nouveau visage des guerres que se font les pays.

j'ai telecharge le rapport demande par le gouvernement des USA sur l'intelligence artificielle qui montre bien l’avancée que permet cette branche de la “computer science” permet.
Le deep learning étant une méthode puissante pour extraire des données significatives des toutes les données, notamment celles concernant nos comportements

l'intelligence artificielle et le deep learning joue un role fondamental pour extraire de ces big data des structures abstraites.
Google a double sa puissance de calcul en 2016 et a demande a ce que soient développés des chips dédiés au deep learning, la superficie de ses centres de calculs a été doublée.

Facebook france a nomme Yan Le Cun comme patron de l'intelligence artificielle assez récemment, je crois courant 2019.
Les decideurs de facebook qui ne sont que des buisenessmen ne vont pas balancer un salaire equivalent a 10 fois le smig a un type pour ses beaux yeux !
Yan le Cun qui faisait partie du labo, le LDR, ou j’ai travaillé 4 ans est parti aux états unis et a fini alors les gens n’y croyaient plus trop a rendre plus performante une technique qu’on nomme maintenant le “deep learning” et a obtenu avec Hinton le prix Turing.

Tout cela s'est fait en moins de 5 ans.

Un truc nouveau qui m'a particulièrement frappe est la croisade vertueuse des grands groupes se permettant de bloquer les comptes, récemment le compte de France Soir a été bloqué.
Ils ne gênent plus pour nous dire le bien et le mal.
C'est particulièrement remarquable dans un pays je parle des USA ou jusqu’à présent la libre expression était (et est toujours dans les textes) un droit constitutionnel.

Cela ressemble (quand on a été psychiatre) à un patient qui fait un délire paranoïaque, mais le problème est que ce n'est pas un délire mais la réalité.

Amities.

J-P Moulin

Re: Internet actuel

Publié : 05 Avr 2021, 10:39
par ecolami
Bonjour,
Informations captivantes!!
Je pense que pour limiter ces effets et intrusions indirectes les bloqueurs de publicité sont un premier remède.
Le second consiste a comparer les sites entre consultation normale avec les fameux cookies traceurs et la consultation en +navigation privée+ c'est très visible avec youtube.
Sur facebook un logiciel de reconnaissance d'image est capable d'identifier toutes sortes de choses (par exemple le sourire!). Il faut faire un clic droit et choisir +inspecter+
J'ai remarque aussi que certains sites qui proposent une fonction en ligne a l'essai (reconnaissance optique de caractères par exemple) ajoutent sans prévenir un cookie pour empêcher de l'utiliser à volonté et autant de fois qu'on veut . En +navigation privée+ ce blocage est absent. D'ailleurs quand on en a marre de devoir répondre aux questions relatives a l'acceptation des cookies il est avantageux d'ouvrir le site en navigation privée et d'accepter tous les cookies en sachant que ce n'aura (presque) pas d'importance.
J'ai abordé récemment un autre aspect inquiétant d'internet +Faut-il le voir et l'entendre pour le croire? plus maintenant+ ce genre de recherches interroge sur les motivations qui sont derrières: Parce que faire parler une personne pour lui faire dire ce qu'on voudrait qu'elle dise est particulièrement CHOQUANT. Dans certains régimes totalitaires cela peut éviter de contraindre une personne a faire des déclarations.
Une autre conséquence est de décrédibiliser internet en général.

Re: Internet actuel

Publié : 13 Avr 2021, 13:06
par JPMoulin
Contexte

Ce qui caractérise les États-Unis actuellement c'est l'emprise de plus en plus importante des très Grande sociétés sur l'État

L’Amérique reste également à la pointe des technologies clés (bio, nano, information) qui sont au cœur de la croissance économique du XXIe siècle.

Pour en comprendre les progrès techniques (et non technologique comme on le dit maintenant ) je pense qu'il faut aller se renseigner aux USA car l’union européenne est a la traîne pour ne pas dire en voie de sous-développement, par exemple le serveur qui se trouve à Strasbourg a été construit pour essayer de contrecarrer l'hégémonie américaine, 92 % de nos données seraient hébergées par les multinationales américaines

Un fait qui m'a paru très révélateur de ce qui précède, de consulter Wikipédia sur les “big data” en version française puis en version anglaise, la comparaison est édifiante quant à de notre ignorance des développements fulgurants de la “computer science” et de ses applications À l'étranger vs en Europe.

Récemment Macron à vendu a demande et obtenu que Microsoft héberge l'ensemble des données médicales françaises. Cela s’est fait fin 2020 debut 2021.

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Si l’on replace la traque aux données personnelles dans ce contexte, on comprend alors que toute tentative de résistance dans ce rapport de force qui est pour donner une idée celui de youyous gonflables a des porte-avions et je suis peut-être bien en dessous de la réalité, toute tentative de résistance paraît dérisoire d'autant plus que ces grands groupes ont à leur disposition les meilleurs en terme de marketing et sont donc de maitres dans l’art de la propagande et de la désinformation.

Il y a si l'on cherche bien sur Internet toute un tas de sites qui décrivent les méthodes de ces grands groupes et les facons de s'en affranchir.

J'ai appris hier matin, par exemple, que Google était en train de mettre sur pied un logiciel FlOC (G~oogle ne s'embarasse guere, Flock voulant dire troupeau en anglais) qui s'incorporait aux navigateurs et siphonnait historique récente et nous regroupait dans 30.000 groupes distincts.

Beaucoup d'informaticien professionnels mettent a la disposition de nous le public des outils gratuits, les open sources.

Les systèmes bâti a partir d'Unix, ce sont Linux, red hat, Ubuntu qui permettent de s'affranchir des système Windows et autre OS X, sur les smartphones, on peut trouver des versions tel que F Android par exemple.

J'ai trouvé un système nommé “Tail” qui permet a une clé USB bootable de charger un système conçu sur n'importe quelle machine pour ne pas laisser de traces sur Internet.

Il existe des moteurs de recherche qui ne font pas l’objet de traces comme duckduck go

Des logiciels comme Tor permettant de permettant de naviguer incognito.

Des messageries instantannees comme Telegram qui ne sont pas siphonees par les grands groupes.

Des boites email et des VPN comme proton mail et proton VPN permettant d’echapper a ces memes grands groupes.

On peut meme etre son propre hebergeur.

Cela va sans dire mais je préfère le dire quand même, aller sur Facebook si l'on considère tout ce qui précède est inepte, car Facebook est conçu uniquement pour siphonner les données et nous repartir groupe (le mot technique est la segmentation a partir de deep learning) afin de revendre ces données au marchands et aux politiques (cela a commence vers les années 2016 - cf : Cambridge analytica de Brittany Kaiser en francais).

Cet ensemble de logiciels et de systemes permet de trouver des sites d'informations qu'il ne soit pas “mainstream” dans un effet boule de neige.

Evidemment tout cela demande du temps et d'être relativement familier avec l'informatique ; le problème ici est de savoir ce que l'on veut.

Amicalement

J-P Moulin

Re: Internet actuel

Publié : 09 Mai 2021, 01:08
par ecolami
Bonjour, Internet nous propose des services gratuits apparemment et il faut bien que quelqu'un paye. Par exemple google maps et street-view, l'hebergement de vidéo sur youtube.
Quand on emploie un moteur de recherche cela nécessite que la TOTALITE d'internet soit recopiée et indexée et donc des TRES gros moyens .
Le fonctionnement actuel en ce qui concerne le financement s'apparente a une mutualisation: seules les personnes achetant quelque chose (service ou produit) injectent de l'argent dans le système. Mais si vous n'achetez rien vous n'êtes qu'un utilisateur. Dés le début d'internet les moteurs de recherche ont été gratuits parce que sinon RIEN n'aurait pu démarrer.
Je comprends qu'on dénonce l'utilisation des données personnelles mais serions nous prêt à payer tout ce que nous avons gratuitement aujourd'hui

Re: Internet actuel

Publié : 09 Mai 2021, 13:51
par JPMoulin
Cher Ecolami.

Ce point de vue evidemment tient du point de vue logique, c'est d'ailleurs l'argumentation des gafas, ils nous aident, "can i help you ?" :joie:

Tu devrais demander a etre engage comme promoteur publicitaire :bravo: d'une de ces multinationales.

Mais ca c'est le cote carotte qui est tout petit bout du sujet, on pourrait meme dire que c'est l'alibi, il y a le cote baton :

Quelques groupes prives (dans les pays dits democratiques) ont amasse des donnees non seulement sur nos donnees personelles mais aussi sur nos comportements, ca a connu un accelerations depuis environ 2016, qui fait que nous sommes dans une situation de controle de la part d'une poignee de gens de notre vision du monde ; par exemple quand on consulte la fee google, les reponses se font selon notre profil mais aussi selon le nombre de liens pointant sur le sujet et aussi et c'est la que le bat blesse, sur le filtrage que fait pour son propre compte google, ils sont en position et ne s'en genet pas de censure et de nous dire le bien et le mal.

L'exemple des travaux bidons publies dans le lancet sur la dangerosite de l'hydroxychloroquine quand on y reflechit un peu laisse tres songeur

L'exemple de censure dont Trump a ete l'objet est invraisemblable sur twitter, on peut penser ce qu'on veut de ce type qui parait un peu fou comme le dit Yael Giraud, toujours est il que c'est particulierement choquant dans un pays ou la liberte d'expression figure dans le premier amendement de la constitution.

La separation publique privee aux USA n'est pas du tout comme on croit a priori ici en Europe car toutes ces societes privees doivent embaucher des gens du renseignement, mais ca c'est une autre histoire.
Cela ressemble etrangement d'ailleurs a ce qui se passe en chine ou ou chaque entrepreneur doit avoir un codirecteur representant du parti.

Vers cette periode, des agences de "political consulting" se sont constituees et les spin doctors d'obama ont fait appel a ces agences, ce n'est pas trump qui a commence, de meme le basculement de l'UK dans le brexit qui a fait beaucoup de bruit.

L'idee tres simple est que l'orientation de nos comportements de mieux en mieux analyses a des fins commerciales sont utilises a des fins politiques.

Ces grands groupes sont en situation de monopole de ces fameuses donnees et ne se privent pas d'exercer un controle ce qui fait dire a un grand nombre d'universitaires (entre autre) ce qui fait dire a ces memes universitaires que notre libre arbitre est en jeu et l'avenir de la democratie dans les pays dits democratiques.


2 remarques :

(1) Non, il ne s'agit pas d'alimenter les fameuses theorie du complot car comme le disent ceux qui ont etudie ce truc extremement preoccupant pour l'avenir de nos societes dites libres, ces societes se livrent entre elles a des guerres feroces, il n'y a pas de chef d'orchestre en un mot, dans le meme ordre d'idee, je me suis demande qui fait quoi entre le politique et ces groupes prives, ou se trouve le pouvoir, en fait cela semble une sorte d'union contre nature tout comme l'union des banques et des etats comme c'est le cas actuellement. Si on sait que les banques mutualisent les pertes, ca veut dire que nous payons alors qu'ils capitalisent les gains, c'est eux qui engrangent.
Ici encore on a le phenomene groupes prives qui ont pris le pas sur les interets des nations.
Donc ce phenomene n'existe pas que dans la sphere des "data".

(2) Autre argument des gens "heureux" :respect: : Ca ne se passe pas comme cela en Europe, le parlement europeen ayant fait voter des lois pour proteger nos fameuses donnees (alors qu'il ne s'agit aussi de proteger nos comportements), Mercedes revend tous mes comportements a goggle si j'ai un smartphone avec un system android et a apple si j'ai un e-phone, bien sur ils m'aident, j'ai une touche SOS et jour et nuit un type me localise, peut faire une analyse de la panne en consultant l'ordinateur de bord (en fait il y en plusieurs), m'envoyer un garagiste qui va prendre la voiture, me donner un vehicule de remplacement, moyennant qoui mercedes se fait du ble et alimente les banques de donnes de toutes ces multinationales, pareil pour les cartes de fidelite dans les grands magasins. Partout partout il y a ce genre de siphonage.
Les allemands qui ont garde un souvenir de Monsieur Joseph Goebbels sont particulierement sensibles mais cela n'aboutit pas grand chose semble t il
Pareil pour la taxation.

En conclusion il semble que dans le monde dit libre les grands groupes prives prennent de plus en plus le controle des differentes sortes de pouvoir au detriment des etats, Les grands groupes ont des motivations qui leur sont propres et ne sont pas celles des etats democratiques qui au moins du point de vue theorique devrait etre celle du citoyen. Les interets des citoyens dont l'etat devrait etre le representant et ou le garant ne sont pas ceux des grands groupes prives.

Le probleme du citoyen qui doit payer les services des grands groupes qui nous rend ces services gratuitement parait alors vue de cette facon tres rigolo du style la langouste est invitee au restaurant et est priee d'apporter la mayonnaise :mur:

Cordialement

Re: Internet actuel

Publié : 09 Mai 2021, 15:56
par JPMoulin
je ne peux pas m'empecher d'en rajouter une couche:

Voici ce que j'ai pu lire dans le wall street journal du 30 avril.
voici le lien qui ne vous donnera que le debut de l'article, il faut etre abonne pour avoir la totalite :
https://www.wsj.com/articles/the-rise-o ... 1619704849

et maintenant la traduction :

L’essor des big data en psychiatrie

En tant que médecin, je dois déterminer trois choses lorsqu'un nouveau patient entre dans mon cabinet : à quoi ressemble sa vie habituelle, ce qui a changé et l'a poussé à se faire soigner et ce que je peux faire pour l'aider. C'est un problème complexe, et la plupart des domaines de la médecine l'abordent en prenant des mesures. Si j'étais cardiologue et que j'évaluais la douleur thoracique d'un patient, par exemple, je parlerais avec le patient, puis j'écouterais son cœur et je mesurerais son pouls et sa tension artérielle. Je pourrais demander un électrocardiogramme ou un test d'effort cardiaque, des outils qui n'étaient pas disponibles il y a un siècle.

Mais comme je suis psychiatre, j'évalue les patients exactement de la même manière que mes prédécesseurs l'ont fait en 1920 : Je leur demande de me dire ce qui ne va pas, et pendant qu'ils parlent, j'observe attentivement leur discours et leur comportement. Mais la psychiatrie est restée largement à l'abri des mesures. À aucun moment de l'examen, je ne recueille de données numériques sur la vie ou le comportement du patient, alors que des outils permettant de prendre de telles mesures existent déjà. En fait, vous en avez probablement un dans votre poche en ce moment même.

" Notre historique de recherche et de médias sociaux représente un fil d'Ariane permanent de nos pensées et de nos émotions. "
Au cours de la dernière décennie, une industrie entière a été construite pour prédire le comportement d'une personne en fonction de son utilisation du smartphone et de son activité en ligne. Comme notre historique de recherche et de médias sociaux est numérisé et horodaté, il représente un fil d'Ariane permanent de nos pensées et de nos émotions. Les entreprises technologiques et les gouvernements utilisent déjà ces données pour surveiller et tirer un profit de nos goûts et nos dégoûts ; bientôt, les psychiatres pourraient les utiliser pour mesurer et évaluer notre état mental.
Nos smartphones mesurent nos mouvements grâce à des accéléromètres, notre localisation grâce au GPS et notre engagement social grâce au nombre d'appels et de textos que nous envoyons.

Ces données ont un potentiel extraordinaire pour le diagnostic et le traitement psychiatriques. Des études ont montré que les mots que nous utilisons pour nous exprimer sur Facebook et Twitter peuvent prédire l'émergence de pathologies telles que la dépression post-partum et la psychose. Il s'avère que l'historique des recherches récentes d'une personne sur Google est un meilleur outil de prediction du suicide que les notes les plus récentes de son clinicien.

Les outils numériques pourraient également aider les psychiatres à mesurer le comportement d'un patient pendant une séance. Chaque visite chez un thérapeute crée une multitude de données cliniques qui sont actuellement gaspillées parce qu'elles ne sont pas enregistrées ou analysées. Les technologies de reconnaissance vocale et faciale pourraient être utilisées pour mesurer précisément l'expression d'un patient, les mots qu'il utilise et l'intonation de sa voix. Ces outils pourraient être utilisés pour reconnaître les changements subtils qui se produisent lorsqu'un patient est sur le point d’être dans un état maniaque aigu, ou pour analyser la façon dont il réagit au traitement. Une étude récente de Cheryl Corcoran, publiée dans la revue World Psychiatry, a montré que des éléments du discours tels que la cohérence et la fréquence des pronoms possessifs (des mots comme son, sa, moi ou mien) peuvent prédire, avec une précision de 83 %, si une personne présentant un risque de psychose deviendra effectivement psychotique. De telles données sont créées à chaque rencontre clinique, mais elles sont bien trop subtiles pour qu'un médecin puisse les détecter.
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Comment pensez-vous que l'utilisation des données et des nouvelles technologies pour suivre les symptômes va changer la façon dont la santé mentale est traitée ? Participez à la conversation ci-dessous.

La possibilité d'interagir numériquement avec un patient pourrait également faciliter la transition entre l'hôpital et les soins ambulatoires. Des études ont montré que jusqu'à 80 % des patients ne poursuivent pas leur traitement de santé mentale après avoir quitté l'hôpital. Cela met en évidence un problème fondamental du modèle traditionnel de soins : Je ne sais comment va un patient que s'il se présente à son prochain rendez-vous, ou s'il m'appelle ou m'envoie un courriel. Les thérapies basées sur des applications et la mesure passive du comportement permettraient aux médecins de mieux se connecter avec les patients après leur départ, ce qui contribuerait à réduire l'attrition.

La quantification du comportement par la collecte de grandes quantités de données pourrait également aider les psychiatres à découvrir des idées qui ne sont pas intuitives. Il y a un siècle, il n'était pas du tout évident que le traitement de l'hypertension pouvait prévenir les crises cardiaques. Aujourd'hui, les données pourraient montrer que nous devrions traiter un symptôme tel que la diminution de l'expressivité du visage pour prévenir le suicide. De la même manière que les capteurs moléculaires ont révélé des anomalies génétiques et des cibles thérapeutiques en oncologie, les capteurs numériques pourraient révéler des schémas comportementaux et conduire à de nouvelles interventions. Les patients suivant une thérapie par la parole traditionnelle pourraient bénéficier d'une approche big data de la psychiatrie, mais elle se révélera probablement plus utile dans le diagnostic et le traitement des patients gravement malades.

Des entreprises comme Google, Facebook, Instagram et Twitter utilisent déjà nombre de ces outils pour obtenir une énorme quantité d'informations sur notre comportement, mais les intérêts des géants de la technologie ne sont pas toujours alignés sur ceux de l'utilisateur individuel ou de la société en général. L'utilisation du big data pour les soins de santé comportementale offre un moyen de rendre la propriété et les avantages à l’individu.

Deux modèles ont déjà commencé à émerger. Dans le premier, les médecins proposent des tests de laboratoire soigneusement calibrés et décident avec les patients quelles données il serait utile de collecter et pourquoi. Les patients décident ensuite s'ils veulent partager leurs données et dans quelle mesure, pendant combien de temps et avec quels prestataires de soins. Certains groupes de recherche universitaires pilotent déjà un nouveau type de rôle médical, un "navigateur numérique" spécialisé dans l'exploration de la collecte et du partage des données avec les patients.

L'autre approche potentielle du big data est un produit grand public similaire au test génétique proposé par 23andMe, dans lequel les gens paient pour avoir accès à leurs propres données et décident ensuite avec qui les partager. Des entreprises technologiques privées ont déjà développé des tableaux de bord en ligne pour traiter et visualiser les données comportementales en temps réel.

Ces deux stratégies devront probablement converger pour réussir. Les entreprises technologiques privées disposent d'une abondance de technologies et de puissance de traitement, mais elles n'ont pas accès aux données des patients nécessaires à la formation de leurs outils. Les centres universitaires ont accès aux patients mais sont contraints de créer des tableaux de bord et des systèmes de collecte de données en interne, qui existent déjà dans le secteur privé. Pour combler le fossé entre les secteurs universitaire et privé, il faudra repenser les questions fondamentales concernant la propriété des données, leur sécurité et la propriété intellectuelle.

Avant d'être employées et commercialisées, les nouvelles technologies de données doivent être évaluées aussi rigoureusement que les autres outils cliniques, bien sûr. Mais l'utilisation du big data pour rendre la psychiatrie plus précise et plus efficace a le potentiel d'aider tous les patients.
-Le Dr Barron est psychiatre et directeur médical entrant du programme de psychiatrie interventionnelle de la douleur au Brigham and Women's Hospital. Cet essai est adapté de son nouveau livre "Reading Our Minds : The Rise of Big Data Psychiatry", publié ce mois-ci par Columbia Global Reports.
Source wsj.com




Le bon Dr Barron nous renseigne ou en sont les grands groupes quant a la connaissance des individus, c'est a dire de nous (tous sauf ceux vivent sans portable et sans internet)
En fait c'est le titre d'un de ses livres qu'on peut acheter sur Amazon :salut: